vendredi 19 septembre 2014

The Sun goes Down


The Sun goes Down...

 
Le soleil s'est couché dans un silence de plomb, projetant ses ultimes rayons comme un adieu solitaire sans la moindre plainte.
Dernier regard sur un monde en désolation, déshumanisé, stéréotypé sans la moindre aspérité autorisée.
Univers cloîtré aux murs délabrés, tachés de mousse agonisantes, briques de douleur à la dureté cinglante, clous rouillés par le sel des larmes séchées.
Décomposition des sentiments dans de cruels souvenirs au passé aliénant, perception troublée de ses sens encore trop fragiles et subtiles.
Cauchemar étouffant où la vie n'a plus aucun intérêt, sans but, ni lendemain prometteur, comme une funeste logique implacable et nauséabonde.
Regarder tomber les remparts chétifs trop hâtivement érigés par ses humains aux aspirations sans saveur et sans la moindre compassion.
Individualisme forcené, proxénète d'une existence en sursis, menant vers les ténèbres de la solitude quand tout s'écroulera avec fracas.
Il sera temps alors de partir, lâchement, honteusement sans aucune compréhension, juste avec cette rage aphone et ses regrets assommants.
Je traverse la nuit sans aucun message, sans aucune pitié ni haine dans mon regard, simple badaud de ces instants critiques impalpables.
Il sera toujours temps de donner un sens à tout cela quand la lumière ne viendra plus déchirer l'obscurité ambiante et que tout se finira.
Poursuivre son chemin en ne gardant à l'esprit qu'au bout du voyage il ni a rien, tout est là entre nos doigts tremblants et engourdis.
Continuer à avancer, s'immoler de passion et d'amour tant que le cœur et l'âme semblent être aimanter par le regard de l'autre.
Tant que le désir parviendra à repousser l'aube un peu plus, tant que les muscles qui animent le corps pourront se tendre une fois de plus.

Il est toujours temps de mourir, aujourd'hui ou demain, cela n'a aucune importance, seule compte ce que nous emmenons de l'autre côté.

mercredi 5 septembre 2012

Printemps



Quand le printemps aux lueurs timides s'en revient, s'extirpant de son long sommeil cotonneux, il illumine d'une pâleur hésitante les nouvelles aubes naissantes.

Doucement, d'un balbutiement craintif, il panse les gerçures d'un passé trop récent, étalant, modelant des jours meilleurs encore éloignés du rêve et de l'espoir inaccessible.

Sentiment que demain sera un peu moins lourd à supporter, que l'avenir espéré se dissimule derrière cet horizon incertain, qu'il sera doux et apaisant dans la lumière pastel de son aurore.

Renaissance au son d'un soupir ou d'un battement régulier, instant particulier où la célébration des sens se rapproche furtivement du désir et de l'envie cherchant à enflammer l'âme encore saignante.

mercredi 18 janvier 2012

Sombres héros





Comme un grand vide, un vertige sans fin, une absence au silence assourdissant, une brulure qui roule sous la peau, ils laissent la place à d'autres qui ne conjugueront jamais mélancolie et rage dans de Noirs Désirs.

Poètes de la nuit aux regards flamboyants, ils sont là les fous, ceux aux rêves insaisissables et qui se brisent l'âme sur l'aube quotidienne aux mots futiles, aux émois désabusés comme si tout était déjà accomplis, déjà perdu face a la cécité de la réalité.

Compagnons de ces instants lunaires où la vérité semble s'éclipser, quand le doute s'érige en despotique tyran, quand les brulures du passé viennent à craqueler la pâleur de la peau et qu'il ne reste plus aucun repère de l'horizon refuge.

Pesanteur des gestes banals que le rythme frénétique vient déstabiliser, comme une transe passagère, funambule aux pas imprécis et désespérés, tournoyant, ondulant, simple marionnette de dame Destinée, si cruelle et si avide de sanglots.

Pour les écorchés, il ne reste plus qu'un souvenir,  une odeur de souffre, une impression d'hématomes crochus en plein visage, mais qu'il était beau l'instant où le combat offrait ces palpitation amantes, ces promesses de victoire charnelles et affolantes.

Retrouver dans l'amertume, ces sombres héros , l'espace d'une nostalgie à peine perceptible, si intime et fugace, qui dans un regard éperdu, entre deux battement fiévreux ou au plus profond d'un soupir, sera la seule trace de ce séisme dont les fissures défigurent le cœur.

Clore ses paupières pour entendre une dernière fois la plainte de Joey, parcourant ces tombes et frôlant les murs délabrés du cimetière souvenir où, à présent, ils sont  ensevelis sous ces mots et ces proses, brandis autrefois comme un étendard quand le chant de bataille parcourait la scène, s'étendant au-delà des vagues mouvantes de ces âmes affamées en communion avec leurs sombres désirs.



jeudi 13 octobre 2011

Hiver


Quand l'hiver au souffle frissonnant s'en revient, stratifiant le paysage dès l'aube engourdie, embuant les vitres des maisons encore assoupies, le temps semble se ralentir, s'alourdir.
Les sensations s'étiolent aux confins de la mémoire, rouvrant certaines portes closes, d'un rayon blafard et crut faisant la lumière sur de vieilles douleurs aux cicatrices indélébiles de l'âme.
Mélancolie de l'instant indécis, inondant l'esprit de son flux amer jusqu'à déséquilibrer le présent, flamme amante vacillant sous le vent froid et tranchant de ces sentiments tapis dans l'ombre des remords et des regrets.
Le bonheur, l'espoir et l'amour semblent se recroqueviller sous l'impact troublant de ce moment particulier, comme si ces ectoplasmes encombrants pouvaient altérer la réalité, nuire à leurs certitudes.

mardi 12 juillet 2011

My last Call of Ktulu



Quand l'alcool et les toxines consumaient mes veines et mon corps, sur ces tempos je me retrouvais enfin en paix, appaisé, sans corps, ni pudeur, juste une âme morcelée se brisant sur les sols et les paroies de la nuit.
Autre vie, autre univers...
I was a junkie boy babe.

J'avais besoin de sensations, d'aliénation, d'explosions, de déraison pour combler mon manque.
Destructions, déflagrations, attentats amants dans mes chairs affamées et scarifiées, sur ma peau frémissante
Le temps s'effritait, se décomposait, se putréfiait, abimant les tissus filandreux de mon coeur s'ébattant
Comme une tumeur à l'âme, elle gangrènait les sens jusqu'à annihiler toutelueur précise d'un pâle espoir
Sensation vertigineuse d'une chute dans l'abime des regrets aux sanglots silencieux et tenaces
Frénésie virale qui me poussait à bout, dans les dédales d'une autre vie rêvée, fantasmée, volée
Palpitation intense jusqu'à la morsure gout de sang et aux variations incontrolables qui me martelait
Vélocité d'un mouvement imperceptible, d'un battement claustrophobique qui me mettait à genoux, encore et encore.

Déesse amnésie tant désirée qui m'abandonnait quand l'inventaire cruel se dessinait dans mon esprit
Je voyais défiler chaque instant de ma vie comme une giffle cinglante, une cicatrice défigurant mon regard
Chaque seconde précieuse partagée n'était plus qu'un aiguillon s'enfonçant dans les chairs amantes
Chaque regard flamboyant n'était plus qu'une braise consummant la mémoire jusqu'à la folie
Chaque mot réconfort n'était  plus qu'une lame incisant toute compréhension jusqu'aux perpétuels doutes
Je voulais juste m'évader de la chair flasque, de la peau morte, de mon corps enchainé à la réalité
Je n'étais qu'une comète aveugle, aux émotions changeantes et instables jusqu'aux larmes acides
Pénétrant l'atmosphère de ces vies où je finissais ma course effrénée contre ces lèvres assassines.

Quand le silence se faisait, que seul je me retrouvais, il y avait cette mélodie au fond de moi
Comme un souffle désertique et glacial où au loin tonnait et grondait la tempête de rage en fusion
Je me battais pour contenir ces vagues d'amertumes où flottaient ces visages au sourire trahison
Machoire serée, poings fermés, je préférais m'en éloigner, reprenant ma course folle vers le néant
I was a junkie boy babe, avec ce besoin de cette autre illusoire au visage fuyant et qui pouvait me calmer
Il fallait que je meure, ashes to ashes, dust to dust, juste pour me réveiller, me dépasser, me réincarner
Renaitre encore une fois, chat de cimetière au corps de pierre et à l'âme de verre éperdu sous la lune
Tendre mes bras pour saisir cette chance hivernale quand novembre gerçait les lèvres mais enflammait le coeur.

dimanche 22 mai 2011

Lettre à ma mère



Yutz le 22 mai 2011

 
 
 
 
Chère maman,
 

Au milieu de cette nuit solitaire, je t'envoie cette lettre, comme une bouteille à la mer, comme une lueur frémissante d'une aurore boréale, comme une main tendu vers toi, moi ton orphelin.

Déjà sept printemps que tu es partie, déchirant mon cœur, écrasant mon âme par ton absence, par ces souvenirs de vie qui s'évanouissent avec le temps.
Erosion des images même si les sentiments perdurent, apportant trop souvent tristesse et douleur.

Je ne saurais dire pourquoi ton visage et ta voix me semblent plus lointains chaque jour qui passe, chaque nuit où seul je pense à toi et que je retourne vers tes bras amants, aujourd'hui si froid et si peu réconfortant.
Il y a là comme une injustice, une malédiction...

J'ai gardé en moi ces leçons de vie que tu m'as inculqué, ce courage et ces sacrifices que tu me montrais jours après jours, juste pour me préserver, juste pour que plus tard, je puisse parvenir à être heureux, à me sentir apaisé dans le regard de l'autre et rester sur le chemin d'un amour partagé.

J'ai essayé si souvent, appliquant ce que tu m'avais appris, acceptant tant de choses juste parce que j'ai vu dans ton regard tant de tristesse et de force aussi, qu'il me semblait normal qu'aimer sans retour pouvait être une forme d'amour.
Que parfois il fallait accepter de souffrir ou de pleurer caché pour poursuivre une aventure, qu'au fil du temps les choses changeraient et qu'enfin on m'aimerait vraiment.

Je dois t'avouer que je n'ai gardé de ces moments que la brulure de la trahison et de l'amertume des déceptions pour seuls bagages, pour seuls trésors, pour seules compagnes.

Cette sensation tenace qui m'accablait et me persécutait, que probablement les erreurs venaient de moi, que je n'étais pas celui qui pouvait convenir, que l'amour que j'offrais n'avais que trop peu de saveur, n'était pas assez précieux ou intense pour en recevoir assez en retour.
Je n'étais qu'un fils qui n'avait pas bien appris ces leçons ? N'étais-je finalement que ton reflet, la continuation de tes erreurs ou de tes rêves brisés par un ogre d'autrefois ?

J'aurais tant aimé que parfois tu sois encore là, juste pour me murmurer que je n'étais pas toujours le fautif, qu'il y a eu des mauvaises rencontres, des obstinations inutiles et qu'au fond de moi, c'était vraiment un amour pur que je voulais offrir.

Comment rendre heureux l'autre quand les vieux fantômes inquisiteurs sont encore là pour me rappeler ces mots qui trop souvent m'ont blessé ?

Pourquoi ne m'as-tu pas appris à me défendre, à me protéger quand l'amour n'était plus qu'une arme destructrice entre les mains de l'autre ?

Je ne savais qu'aimer comme tu me l'avais appris, en acceptant trop parfois, en pardonnant au bourreau et brûler à jamais les amours passés pour espérer continuer sans trop de cicatrices, trop de plaies béantes.

Je n'ai jamais été le fils parfait, je n'ai jamais été l'ami rêvé, je n'ai jamais été l'amant extraordinaire, mais étais-ce suffisant pour endurer toutes ces cruelles déceptions, pour que trop souvent on ai eu honte de moi ou que l'on m'oublie au bord du chemin.
N'étais-je qu'un passager de la pluie, un simple rêveur aux songes stupides et aux aspirations incompréhensibles ?

Donner sans rien attendre en retour était parfois si difficile, frustrant, apportant le manque et plus tard les regrets, comme si le fait d'espérer d'être aimé en retour était une chose impossible, inconcevable...

Depuis ton départ, ma vie n'a été qu'un vaste champ de désolation, heureusement fleuri par ces amis que tu connaissais et quelques nouveaux qui t'auraient enchanté et par l'amour de ma sœur qui, malgré les heurts et les incompréhensions parfois, m'est toujours si précieux.

Mais l'amour m'a fuit trop souvent, parfois j'ai préféré être lâche en m'enfonçant dans la facilité qui n'était pas ce que j'attendais mais pouvais me servir de mensonge en travestissant l'amour par des passions éphémères.

Sept longues années avant de t'écrire ces quelques lignes, sept ans avant de revenir vers toi, même si chaque jour tu es dans mes pensées...

Je me suis battu tout ce temps simplement pour être heureux, je ne voulais que partager ces émotions qui seuls ne me faisaient que souffrir, mais à chaque fois la déception était au rendez-vous, la solitude également.

Jusqu'à ce dernier automne où tout a changé, tout ce que je croyais perdu à jamais a enfin pris tout sons sens, simplement à travers le regard, le sourire d'une fille comète venant s'écraser sur mon cœur rocher, une fille poussière d'étoile réussissant à faire scintiller mes yeux éteins, une fille déesse à l'âme aux reflets d'espoir.

Il y a peu tu as rencontré cette personne, quelqu'un, qui je le sais, t'aurait énormément plut.
Je sais que tu dois être triste de n'avoir jamais pu la serrer dans tes bras, de rire avec elle aux éclats et ensemble de venir vous moquer amoureusement de moi.
Mais elle aussi ressent ce manque et ces regrets de moments partagés avec toi.

Malgré ton absence, je sais que tu continues à lire dans mon cœur, tu sais à quel point cette fille a changé ma vie, à quel point j'avais cessé de croire en son existence et que j'ai au fond de mon cœur la certitude que c'est elle que j'attendais.

Mais il y a encore en moi tant de plaies et de cicatrices qui défigurent l'amour que je porte en moi, tant de fantômes qui s'agitent quand le doute ou l'incompréhension me surprennent, que j'ai peur d'effrayer, de n'être pas compris et qu'au final je n'apporte pas ce qu'il faudrait, provoquant tôt ou tard ma fuite vers d'autres horizons sombres et solitaires trop connus par le passé.

Je suis resté ton petit garçon avec ses vieux rêves, avec cette façon d'être qui n'est probablement pas la meilleure mais c'est celle que tu m'as apprise.
Je suis juste un peu plus seul parfois, avec certaines craintes et des certitudes que je n'avais pas la dernière fois que tu m'as serré dans mes bras.

De là-bas tu sais qu'aujourd'hui je sais parfaitement conjuguer le verbe "aimer" à tous les temps, mais grace à cette fille, surtout au présent et au futur et que j'en connais la véritable signification quand je la regarde...

Mais suis-je l'ami, le frère ou l'amant qui est capable de donner assez pour que l'on accepte et pardonne mes erreurs ou mes manques ?

J'aurais tant aimé qu'un soir, quand la voûte céleste aurait brillé de mille feux, pouvoir te poser toutes ces questions, entendre ta voix me raisonner ou me gronder s'il le fallait.
Mais je n'ai plus que ton lourd silence et ce manque de toi pour accompagner ces nuits estivales...

Malgré ces sept années, je continue à t'aimer, différemment, imparfaitement, perdu entre douleur et joie, entre regrets et souvenirs fabuleux, mais d'une certaine façon dans notre relation si particulière à présent, je ne fais que continuer ce que toi tu as si souvent accepté : t'aimer sans retour...même si je sais que quelque part l'amour que tu m'as toujours porté, survit, mais presque inaudible, impalpable.

Tes bras et tes doux baisers affectueux me manqueront toujours, à présent, crois-moi, je regrette tant toutes ces fois où je les ai fuis.

Je n'ai pas été le fils que tu espérais, je n'ai pas été l'ami que l'on attendait, je n'ai pas été le frère rêvé, je n'ai pas été l'amant irremplaçable, mais j'ai toujours aimé sans compter, sincèrement, malgré mes imperfections, mes maladresses ou mes erreurs...

J'espère que tu le sais, j'aimerais tant que tu le crois...


J'allais oublier, bon anniversaire...

jeudi 5 mai 2011

Dead memories


 
 
Je n'arrive plus à me concentrer, réfléchir, penser, me débattre sans choisir.
Il y a ce voile putride qui enveloppe mon esprit aphone, simple linceul d'amertume
Cette chair putréfiée qui empoisonne mon cœur, lourd sarcophage de regrets
Ces longs doigts invisibles qui s'enfoncent dans mes veines infectées et battantes.
Mes pas sont trop lents et trop lourds, pour rattraper le temps perdu, égaré si loin.
Arracher d'un cri, d'un larme ou d'un rire les fils de mes vieilles cicatrices suintantes
Gratter la surface, retourner la peau aux stigmates honteuses et encore brulantes
Bloc chirurgical, aliénation stérilisée, se vider encore un peu plus de l'autre moi.
Saisir ma tête entre mes mains et secouer jusqu'à quitter l'orbite terrestre d'un regard
Vertigineux voyage au fond de mes pensées, ne pas se perdre pour se retrouver
Phobie ou désir tout est enchevêtré, enlacement des sentiments jusqu'à la cécité
Je n'arriver plus à distinguer ce qui me fait mal ou ce qui me procure du plaisir
La surface de la frontière semble troublée dans ces océans d'émois et de manques
Déséquilibre sans aucun sens, la vérité est ailleurs, l'avenir emmuré dans mon crâne
Mais comment vivre écartelé au milieu de ces éléments effrayants et tourmentés ?
Je ne sais plus comment penser, plus aucun moyen de me diriger ou me repérer
Juste tendre les bras pour anticiper la chute, encaisser les coups et se soumettre
D'amies, d'amantes, d'ennemies, qui frappera la première quand les ténèbres seront là
Que la pénombre me caressera l'échine, d'un souffle chaud ou d'un murmure rauque
Juste avant que l'amnésie passagère vienne à mon secours ou me condamne encore.
 

(Librement inspiré de la chanson "Dead memories" du groupe Slipknot)

lundi 14 mars 2011

Circonférence d'un atome crochu




Au plus profond de la physique, dans les molécules anatomiques, le cœur battant, se débat, convulsions éphémères ou désuètes,  palpitations incontrôlables aux vœux louables ou inavouables, crise de tachycardie sentimentale ou gémissement d'angoisse d'un soupir agonisant.

Métaphysique aux liaisons sanguines, labyrinthe aux miroirs voilés ou fissurés, organe désorganisé au premier abord mais au rythme variable, enviable ou détestable, quand s'en vient l'étroit enlacement des questions aux réponses aléatoires, alouettes aux senteurs méditerranéennes donnant sur le balcon de l'Arlésienne, Juliette éperdue déjà aux oubliettes. 

Astronomie des sentiments morts ou évanouis dans la voûte céleste des rêves enfantins, astrologie des signes d'espoir aux désirs de chair éparses, l'atome s'accroche, s'étire, agrippant le moindre regard ou sourire, loin si loin de sa microscopique condition, emmuré, calfeutré dans cet espace vibrant aux contusions et cicatrices laides et douloureuses. 

Fission amante aux vibrations caresses, fusion passionnelle aux goûts de sel, la peau pour seul radar, l'âme pour unique gouvernail, tout semble si compliqué, déjà si compromis quand le désir en ébullition s'écoule le long de la gorge, frissonnant émoi parcourant les veines et veinules, canaux en ribambelles se jetant inconsciemment dans l'océan cœur. 

Odorat frénétique bouleversant l'ordre des choses, le cours du temps, d'un sanglot vers un rire, combustion de ces émotions qui pulsent la vie, tant bien que mal, vers ailleurs, ou ramènent vers là-bas, mélancolie de l'instant égaré,  mélodie d'un murmure au parfum estival, souvenir d'un bras amical ou d'un baiser affection, infection inguérissable. 

Anatomie d'une particule orpheline, aveugle aux gestes incertains, sourde à raison dans son réceptacle ardent, crocheter la serrure ou briser la vitre miroir, juste pour comprendre cette solitude assassine, simplicité d'une équation aux inconnues multiples et éparses, quand pourtant d'un mot, d'un regard, d'un baiser, la solution semble palpable, palpitante, exténuante. 

Circonférence d'une roue parcourant follement les contours de l'organe vital, brûlure de son passage entre la distance la séparant de son point d'arrivée et le poids de cette attente quand les soupirs compressent la cage thoracique, acide citrique ou lymphatique, peut importe, espoir que tout cela n'est pas vain, sans logique trigonométrique. 

Mathématique de l'amour, aux additions complexes au résultat approchant le nous, aux soustractions impitoyables et destructrices ne comptabilisant que le seul, aux multiplications ou soustractions illogiques changeant et avilissant cette rhétorique  déclamée dans toutes les langues, de l'âme sœur, fidèle songe de l'atome crochu. 

Alchimie aussi soudaine que mystérieuse, magie aux parfums sorcelleries quand dans l'éclair d'un battement, d'une pulsation en suspens, la science perd ses sens, atome bouillonnant qui d'un seul envol parcours cette longue distance à travers le vide immense de la vie, mais dans cet instant unique semble défier les lois de dame nature pour s'arrimer sur cet autre cœur aux battement si parfaits et si proches. 

Pressentiment de jours meilleurs, prémonition que demain sera un peu plus intense, un peu plus immense, tant que l'atome crochu s'épanouira dans la rosée des sentiments partagés, joie corollaire, bourgeonnante aux bouquets fleuris et aux senteurs douces et suaves, accueillant au matin levant le doux murmure de la bise au simple son d'une phrase ou de syllabes mélodieuses et harmonieuses aux mots amants.

dimanche 20 février 2011

De Ian à moi...



L'air se rafraîchit déjà et moi je fléchi
Toujours l'échine courbée, le col relevé
Je n'ai pas encore vraiment bien compris
Réfléchir, se poser les bonnes questions
Et espérer, s'il le faut se corrompre au besoin
Il ni a plus aucune fierté, simple regard posé
A l'horizon un sombre espoir déjà se fane
Ma flamme s'anime, le drame s'envenime
Quand s'en revient le matin pour mieux me cueillir
Danse complexe et hésitante, maladresse ou détresse
Simple marionnette de papier au cœur tempête
Je n'ai plus que mon regard pour accepter cette vérité
Désillusion, aberration, déraison ou compassion
Le mouvement m'entraîne, m'attire, m'enchaîne
Je palpe mes veines comme je suspens mes pas
Cœur de cristal roulant sur cette voie aux pierres tranchantes
Suivons mes traces, l'aliénation est au bout du chemin
Passion morcelée, frustration à compenser, plus rien à panser
Juste me laisser tomber, bras tendus, âme mise à nue
L'asphalte puante pour ultime étreinte, sale empreinte
Je déverse mes flots, larmes de mots à contre-sens
Éternelle complainte pour alourdir mon inutile testament
Manque, oubli, éloignement, aimer n'est pas apaisant
Alors je me laisse porter par ces vagues d'amertume
Plongée à cœur ouvert dans mes océans de regrets
Juste pour être certain de ma culpabilité, ma vulnérabilité
Condamné ou maudit, je suis déjà un mort-né, ombre du passé
L'air frais de cette dernière aube naissante me blesse
Quand sur mon cou le lien se referme pour mieux m'élever
Se laisser balancer malgré cette étouffante brûlure venimeuse
Enfin s'en aller, se dire qu'à présent tout est gâché, sali, souillé.

jeudi 16 décembre 2010

Comme un funambule




Comme un funambule parvenu ou malvenu, je m'exorcise hors de ma bulle sans le moindre conciliabule.

Comme un funambule aux heures creuses, aux idées reçues, à l'âme dans le vague, je joue sans aucun scrupules.

Comme un funambule, tête en l'air, cœur de verre, j'abandonne mes pensées pour un sourire sans aucun recul.

Comme un funambule, terre à terre, poussière de stratosphère, aux idées étoilées je m'élance sans calcul.

Comme un funambule, d'une présence ou une absence, je tire ma révérence même quand cela n'a plus de sens.

Comme un funambule, collectionneur de mots aux sons et aux silences qui bouleversent mon indépendance.

Comme un funambule, je parcours sur un fil de lumière le vide entre deux âme lunaires, entre deux cœurs brisés.

Comme un funambule, d'un pas trop grand pour vous, je franchis les limites du gouffre de ces  amours atrophiés.

Comme un funambule, je précipite la fin pour que la chute soit solitaire et que l'impact étouffe mon dernier rire.

Comme un funambule, dans la solitude des ténèbres austères je continue mon voyage pour le meilleur ou le pire.

mardi 14 décembre 2010

Deux coeurs en hiver



Parfois la vie s'enfonce dans un hiver à l'horizon sombre et couvert.
Gelant les cœurs aux braises éteintes, gerçant les âmes aux songes délavés. 
Le temps semble s'étirer jusqu'à l'acceptation pour que la déception soit plus douce. 
Longue et froide saison qui rythmait ces jours, d'une aube à un crépuscule au vide douloureux. 
Fouiller dans les souvenirs, réécrire l'histoire pour rester blottit dans le mensonge rassurant. 
Être avec l'autre mais sans que le nous ne semble justifié, mais pour une nuit amante oublier tout cela. 
Caresses assassines, comblant l'instant présent, jouissances aux larmes de douleurs étouffées. 
Se dire simplement que peut-être demain les choses enfin viendront à s'arranger, à changer. 
Accepter de n'être plus que l'ombre de soi-même, être un autre au regard absent et fuyant. 
Se cacher dans la routine, cruel poison au goût de somnolence, anesthésie destructrice. 
S'arrimer un peu plus fermement à cet amour pesant et tourner le dos aux océans tumultueux. 
Finir par se perdre dans cette vie où à trop se travestir on fini par s'observer sans se reconnaître. 
Se dire que c'est cela la vérité, que le reste n'est pas accessible et s'en accommoder douloureusement. 
Modifier son corps pour ne plus affronter le regard inquisiteur du miroir, devenir invisible pour échapper au jugement. 

Puis un jour se réveiller, violemment, dangereusement et constater l'étendue des dégâts occasionnés. 
Départ vers une autre vie, de gré ou de force se retrouver égaré au milieu de la sordide solitude sans solution. 
S'orienter aveuglément vers ces néons éphémères des passions occasionnelles mais sans rien y trouver. 
S'apitoyer sur son sort ou s'enfoncer un peu plus dans un nouveau mensonge juste pour survivre encore un peu. 
Automne d'une vie au goût amer quand la putréfaction entame la pureté des sentiments encore congelés. 
Fuir cet hiver en oubliant qu'avant il y avait eu tous ces espoirs, ces rêves immaculés et apaisant. 
S'enivrer pour que le trouble brouille la vision et nous offre une nouvelle chance même imparfaite. 
Si parfois au milieu de la nuit solitaire, un courant d'air glacial vient nous rappeler ces instants d'hier,
Avec ses fantômes charmeurs, infiltrant nos pensées et nos idées, comme si l'hiver brutal était à nouveau là.
Résister aux méandres de la mémoire qui avec le temps parvient à emmêler les sensations et les images. 
Au risque de céder et de repartir vers le mornes plaines de cette saison aux givres cinglants et tranchants,
Juste parce que parfois ne pas être seul peut parvenir à calmer la brûlure de la folle liberté sans apporter sa joie.
Alors on rejoint la danse, de bras en bras, de lèvres en lèvres, simplement pour écrire une simple histoire,
Véritable palliatif même improbable à la grande Histoire que l'on n'écrira plus, malgré l'envie et le désir d'y croire. 

Au moment le plus improbable, quand certaines certitudes se font religions et que tout semble convenu.
Une nouvelle sensation fleuri au plus profond de l'âme, du corps réceptacle comme un lent dérèglement.
D'un regard, d'un mot, d'un parfum, une différence à peine perceptible attire l'attention, attise l'envie.
Comme un printemps qui semble s'arracher des lassitudes automnales ou des craquelures hivernales,
Une discrète mélodie construit son nid dans l'esprit étonné et intrigué par ce phénomène déréglant.
Précipitations de sensations excitantes et palpitantes, la rivière semble gonfler hors de son cours veineux,
Irriguant à outrance les songes éveillés, noyant jusqu'à l'étouffement la routine rassurante et enracinante.
Pulsions, battement, manque sonnent déjà le retour des hirondelles aux cœurs écarlates et enjoués,
Au risque de se briser les ailes sur les murs de la déception et de sentir la morsure de l'hiver revenir.
Mais dans cet air aux brises douces et folles, comme une évidence aux yeux du cœur encore palpitant,
Il y a là comme un sentiment de partage inespéré et de nouveaux songes à écrire ou jouer à quatre mains,
Malgré la présence encore si proche de ces fantômes et la trace de ces cicatrices à peine refermées,
La seule présence de l'autre qui embelli le regard et les sourires parvenant à changer l'atmosphère ambiant.
Préciosité de ces instants où le monde ne tient plus qu'à un baiser, comme une promesse à peine soufflée.

S'accrocher à la corde menant vers les lendemains azurs quand les cieux se font brillants et intenses.
Comme un premier été pour deux cœurs sortis d'un hiver trop long mais ayant acquis force et résistance.
Devenir le complément, être le supplément juste pour effeuiller les pages du grand livre de la vie,
L'histoire est déjà inscrite, patiemment chaque mot, ligne, paragraphe sera appris et cité tendrement,
Simplement pour déceler et aimer la beauté dans chaque regard, réapprendre à vivre enfin et encore.
Retrouver la confiance de soi, de l'autre, du nous, pour ne plus craindre ces traces dans la neige passée,
Se découvrir et s'enlacer à corps perdus comme pour mieux atteindre les monts éternels et verdoyants,
Pour que le désir charnel s'intensifie au contact des sentiments et enflamme la nuit au cœur des ténèbres,
Chassant les ectoplasmes belliqueux loin de cet horizon rougeoyant où l'histoire ne fait que commencer.
Maître temps a suspendu son envol, d'un mois, d'une vie, le sursis estival semble infini malgré sa fragilité.
Le chemin est encore long, d'un pas ou d'une enjambée, l'important est de rester main dans la main,
Pour ne plus se perdre, se diriger vers le soleil couchant avec ces étoiles dans nos yeux et nos têtes.
Et si au détours d'une hésitation ou d'une interrogation l'aube semble trop vite se rapprocher du songe,
Il y aura toujours l'un de nous pour attendre et réconforter l'autre, pour repartir le rire aux lèvres, l'âme en joie.

J <3 A.

lundi 13 décembre 2010

Rombas terre d'aliénation




Il y a tous ces fantômes qui me dictent mes actes 
Qui dirigent mes pas m'entraînant vers le trépas.
J'ai beau fermer les yeux, ils sont là comme avant.
Sombres idées qui surgissent des abysses du passé.
Terrifiante sensations qui saignent mon cœur meurtri.
Déstabilisantes émotions qui éclatent mon âme de verre.
Il ni a aucune sortie, aucun échappatoire face à eux.
Je suis leur esclave dans les larmes, les cris et les coups.

Souvenir d'une vie où les valeurs n'étaient pas les mêmes.
Quand la nuit appartenait encore aux loups affamés,
Que l'aube n'offrait que ce spectacle sordide et glaçant.
Veines ouvertes sur l'ennui, acide pour trouver l'envie,
Violence des mots, des regards jusqu'aux hématomes.
Fuir encore pour se retrouver prisonnier encore et toujours,
Se croire à l'abri enveloppé par la lumière du jour renaissant.
Mais les noires ténèbres chuchotantes et poisseuses,
Savaient où me trouver et venait une fois de plus m'enchaîner,
Quand s'en revenaient les heures fatidiques et impudiques,
Où il fallait rejoindre la meute hurlante pour se repaître.

Tourments incessants, lâcheté d'un corps brisé en perdition.
Sans raison je me voyais détruire ces rêves d'autrefois,
Pour devenir cet homme sans âme, ni aucune considération.
Au plus profond des ces sombres moments d'infamie,
L'Archange aux ailes charbon et à l'intense regard de braise,
Déjà m'attendait, enveloppant de ses ailes mon horizon incertain,
Coupant un à un mes fils qui me liaient à la réalité, moi l'homme marionnette.

Franchissant les gardes fous, parapets usés de mes invisibles limites.
Plongeon vers les méandres sinueuses de cette existence subie.
Vide s'immisçant à travers les pores de ma peau craquelée,
Alimentant le gouffre qui anéantissait celui que j'étais devenu.
Tous ces fantômes qui encore hantent mes nuits d'ici et d'ailleurs,
N'ont plus la même force, ni la même attraction à présent,
Mais vivent en moi et sans eux je ne serais pas le même.

dimanche 5 décembre 2010

Funérailles enfantines



Il faut savoir garder sa place, conserver son rang et n'aspirer a rien d'autre.
Il ne peut en être autrement, pour la tranquillité de l'esprit, pour ne pas devoir rendre de comptes, apporter des justificatifs pour telles décisions ou autre interrogation.
Chair immobile dans un monde aveugle et trop souvent futile mais où chacun se doit de jouer son rôle, sans afficher la moindre différence ni aucune forme de défiance.
Peuple de l'aube aux aspirations absentes, mort-nés aux automatismes suffocants, traînant ces chaînes routines qui vous font courber l'échine, vivant sans savoir pourquoi.
Que reste-t-il de vos rêves d'enfant ?

Je ne vous déteste pas, je ne vous reproche pas vos choix de vie, j'ai moi-même mes propres tares, mes souffrances intimes et mes regrets blessants, je suis simplement différent.
Je peux vous avouer que tout simplement je veux pas vous ressembler, je ne saurais pas de toute façon, trop vite je me suis égaré, trop tôt je me suis brûlé et je n'ai jamais su quand il fallait s'arrêter.
J'ai essayé, je me suis prostitué, je me suis sali jusqu'à l'âme, mais ce n'était tout simplement plus moi, comme une forme d'inconscience, j'ai osé résister, c'est ce qui a du vous effrayer.
Pourtant je n'ai fait que vous ouvrir mon cœur, vous tendre un regard amical ou vous glisser un mot affectueux, comme un geste de tendresse, mais vous n'y avez vu que la faiblesse ou la folie.
Peut-être parce que je suis encore un enfant ?

Je n'étais pas votre ennemi et pourtant vous n'avez fait que me blesser, vous rire de moi, me repoussant vers les affres de la marginalité, le gouffre de l'incompréhension se creusant en moi.
Dans ma solitude craintivement je vous ai observé, puis j'ai décidé de vous affronter, je n'avais plus aucun autre choix quand déjà la corde se balançait au fond de mon esprit.
Je ne voulait pas en arriver là, j'aurais tant voulu pourvoir encore vous aimer et si seulement vous auriez pu avoir un peu d'affection pour moi, un peu de sincérité, un sursaut de lucidité.
Mais vous étiez déjà trop endormi, profondément enseveli sous la tombe de vos vies que consciencieusement vous creusiez aube après aube, aveugles au cœur sourd, dans l'indifférence je vous toise aujourd'hui...
 
Tristement j'ai assisté aux funérailles de cet enfant qui vivait en vous.

samedi 4 décembre 2010

Nouvelle aube


Changement de vie, regard porté vers d'autres horizons.
Je repars, j'efface tout, encore une fois, vers d'autres ailleurs.
Nouveau point de vue, nouvelle direction, sans but précis.
Nouveau regard, nouvelles émotions...sensations différentes ?
Comme si mon âme pouvait oublier, amnésie passagère.
Toujours cette mélodie lancinante qui danse dans ma tête, 
Le cœur en fusion, c'est la passion qui anime déjà mes intentions.
Laisser les chose se faire, découvrir ce nouvel univers inconnu.
Parcourir ces lèvres pour la première fois, amplification du désir.
Ne pas se poser de questions au risque de se perdre une fois encore.
Garder le contact, d'un regard, d'une caresse, d'un sourire, d'un silence.
Se dire que tout sera différent, que cette fois-ci l'espoir n'est pas un vain mot.
Mais pourtant il y a ces mots...

Toujours les mêmes, ces phrases dont seule la nuance et le ton changent.
Ces paroles qui jettent encore le trouble, voile obscur sur l'horizon amant.
Sans promesse, juste laisser l'avenir en suspend, reprendre son souffle.
Sentiment d'impuissance trop connu , attente cruelle, manque douloureux.
Juste ces mots qui font ressurgir ces vieux fantômes d'un passé fiévreux.
J'aperçois déjà la dernière aube, froide, désenchantée et solitaire.
Avec ces questions, ces incompréhensions, ces regrets et ces sanglots.

Vers quels horizons me diriger pour trouver une nouvelle aube ?

vendredi 3 décembre 2010

Aux neiges immortelles




Longue nuit étoilée, insomnie sous la neige.....lendemain incertain, réveil au rythme cotonneux et aux effluves acides
Inconscience, irréalité, tout n'est qu'un rêve, jusqu'aux gerçures, aux brûlures  ou aux hématomes ? 

D'un poison, d'un baiser, d'une larme nous sommes tous condamnés, mort-nés en quête d'alibis.
Plongée au cœur des envies, des révulsions, des méandres de la solitude dans ces foules aveugles.
Pulsion, répulsion, agression, détermination dans ces regards passions, chair en fusion sans illusions.
Sans aucun but, se laisser partir vers les sommets neigeux des monts de l'oubli et ne plus revenir identique.
Sueur le long de l'échine, raideur d'un geste imparfait, contempler ses pieds et relever la tête vers les néons
Yeux clos par l'intensité, le corps aux abois, le cœur déjà se débat comme le dernier souffle du monde noyé
Tourner encore et encore, les bras tendus, comme pour s'éloigner de l'aube et de cette tranchante réalité
Enlacer la dernière fille pour ne pas finir seul, justifier sa présence jusqu'aux regrets et s'aliéner un peu plus
Froisser les draps, salir son âme au rythme de ces sons, de ces pulsations jusqu'à en vomir son dégoût, sa haine
Attendre le retour de la solitude, ne pas réfléchir et s'injecter un peu d'espoir dans les veines avides et rougie.

La nuit sera bientôt là, les ténèbres pour habit d'apparat, prisonniers aux regards perdus, condamner à vivre
Se débarrasser des sentiments, des croyances, d'un vieux souvenir pour avancer vers la prochaine aube blanche
Poudreuse tombant des nuages vaporeux, recouvrant ma vie, effaçant mon lendemain incertain et inutile.

Là où je vis il ni a rien, quelques survivants, personne, loin de toi, perdue sur ta montagne où tu m'ignore.
Douleur persistante, absence obsédante, acceptation du dictât du manque, régression, soumission, aliénation
Il faut déjà mourir un peu pour enfin s'offrir une lueur, un songe, un mensonge, cœur éponge au miroir brisé
Trop de questions, plus assez de temps pour trouver une seule raison, juste suivre le mouvement de la foule
Particule désarticulée dans la galaxie bruyante, graine de temps suspendue dans son envol nocturne
La chute sera au bout, violente, électrochoc, électricité s'infiltrant jusqu'au désir, plaisir aux gouffre des sens

Accélérer les mouvements, danser, crier, pleurer, l'aube nous guette déjà, mais avant elle je partirais
Je sais que ma place n'est plus ici, mais là-bas au sommet de la montagne, où tu m'attends encore...aux milieu des neiges immortelles

lundi 22 novembre 2010

Je connais mon ennemi

 



Je connais mon ennemi, je le combats, je le fuis, mais il est encore là
Au moindre faux pas, au moindre doute, il me plante son long coutelas
Écorchant ma peau, déchirant ma chair, ensanglantant mon cœur
Arrachant ces larmes amères dans un silencieux cri de douleur

Il n'a aucune pitié, de mes échecs il se complaît, il s'en repaît
N'oubliant aucun visage, aucunes sensations, insatiable affamé
Pour chaque regard amant croisé, son arsenal s'agrandit encore
Il ni a aucun échappatoire, mais je dois résister , être un peu plus fort

Je sais d'où vient cette souffrance, je connais sa démence
Mais à présent tout à changé, je ne veux plus de cette déchéance
Dans la nuit solitaire quand tout est lisse, il voudrait que j'en finisse
Je ne veux plus de cette fin où déjà la mort me goûte avec délice

Contrariété, doutes, incompréhensions, longues attentes désespérées
Ces noms qui sonnent mon glas quand mon ennemi enlace ma destinée
Je ne pourrais pas lui résister, juste trouver un endroit où enfin me cacher
Juste un regard, une main rassurante, une étreinte pour me protéger

Je connais mon ennemi, il est en moi depuis la nuit des temps
Il me connais aussi, noyant, écrasant mon esprit depuis trop longtemps
Étouffante bataille où l'aube tarde à apparaître, pour cueillir un mince espoir
Lueur qui m'arrache d'entre ses mains quand il ni a plus que moi dans le miroir

Épuisement fatal quand la confiance s'installe et que la garde s'assoupit
Au moindre accroc, moindre interstice, il s'infiltre par un songe maladie
Tant de jours, d'heures, de minutes à se dire qu'il vaut mieux s'incliner
Que le couperet tranche mon âme d'un seul vol pour enfin me libérer

Je tenais pour religion cette condamnation, cette avarie sans rémission
Mais dans la brume de cette vie inutile, surgit ce fabuleux regard guérison
Avais-je encore une ultime chance de survivre malgré mes plaies béantes
Et ces cicatrices profondes attestant de ces vieilles et cruelles tourmente 

Il me fallait trouver des réponses pour que meurent ces vieux fantômes décharnés
Effacer ces terribles trahisons et ces déceptions pour m'offrir cette dernière opportunité
Comme une ultime prière, dernière chance pour que mes nuits soient partagées
Avant que mon ennemi n'achève son œuvre et n'assèche mon cœur à tout jamais

mercredi 10 novembre 2010

Moment d'égarement




Comme une drogue trop forte, juste une dernière pression sur ses lèvres et entrevoir le désespoir au goût passion.
Les mouvements du corps révélait son désir, mais ses yeux celui de la mort.
Violence des mots au goût de sang, au son de sanglots.

Rappelles toi cette autre vie.
Dernière ligne droite, assaut final pour un peu plus se perdre, juste apprécier la souffrance comme une amie, une sœur, une amante.
Et si la folie ne suffisait plus, il restera toujours les regrets.
Acide dans les veines, brasier dans l'âme, le pouls s'accélère, le souffle se cherche car déjà la fin est proche.
Rage ou désir, caresser jusqu'aux cicatrices pour que les plaies ne se referment pas.

Sans arguments, les mots se plantent dans la chair, comme des braises traversant l'esprit déjà malade et agonisant.
Sous l'impact des coups le rire est la seule arme, l'indifférence la seule issue contre ces regards aux relents de dégoûts.
Quand le silence se fait tranchant, oppressant, seul le grincement des dents est salvateur ou le crissement des ongles sur le mur immaculé.
Crever d'amour comme si cette maladie ne trouvait son remède que dans les larmes et la désillusion.....illusion ou malformation cardiaque, aimer c'est périr un peu plus.

Écouter la musique intérieure pour seule ordonnance, cacher ces saignements internes à l'ecchymose, accepter la crucifixion sur l'autel de la vie et se maudire d'être assez faible pour se laisser entraîner par le son d'un gémissement ou le cri d'une chute.
Avenir aux couleurs suicide, lâcheté aveugle, courage amer, juste pour ne plus souffrir, partir comme ultime aveu de son échec...ou se battre jusqu'au bout, ne rien céder, frapper sans retenue surtout si l'ennemi est en nous, au plus profond de nos entrailles.

Se débattre, se réveiller en transe, perles de sueur pour seules traces de ce moment d'égarement, retourner vers vos vies fourmis, limpides et lisses pour ne pas prendre de risque, surtout pas...
Je ne veux plus vous rejoindre, mes nuits sont ténèbres et souvenirs tentacules, mon cœur se débat dans les larmes et l'amertume, mais je ne serais jamais un homme machine, quitte à continuer seul mais entier, vers les falaises de la démence.

dimanche 7 novembre 2010

Maman est partie...




C'est quand on pense que tout est fini
Que la douleur s'est éteinte au bout de la nuit
Noyée sous ces larmes et ces souvenirs brûlés
Juste quand demain semble être un espoir
Que l'orage éclate que la tempête nous surprend

Il y a des amours que l'on ne remplace jamais
Il y a des regrets qui dansent frénétiquement en nous
Ces regards perdus, ces sons à jamais oubliés
La douceur d'une caresse devenue froide et si dure
Ce manque qui jamais plus ne sera comblé

J'avais pourtant refermé la porte et les volets
Tourné le dos à ces instants magiques détruits
Asséché mon cœur et enfermé mon âme enfant
Juste pour garder une chance, juste une
De trouver ailleurs une part d'elle même infime

Il y a des départs qui nous laisse seul sur le quai
Ces au revoir où l'espoir d'un retour est impossible
Regarder au loin, juste pour oublier notre vie
Tendre la main vers un visage qui n'est plus
Et se dire que cela a été tellement court, si court

J'avais encore tant de paroles à lui offrir
Tant de doux baisers affectueux à déposer
Encore tant de moments à la sentir dans mes bras
Juste une danse de plus, un fou rire à partager
Mais tout est fini, seul reste ces cruels regrets.

Je ne suis plus le même aujourd'hui et à jamais
Une part de moi s'en allée avec elle et je le sais
Dans mon cœur il y a cette ouverture béante
Ce précipice qui me donne ce vertige et me brise
Prolongeant ma vie mais lui ôtant toute saveur

Je ne suis plus qu'un orphelin aux yeux humides
Juste un petit enfant qui ne serre plus que le vide
Et qui ne comprend plus toutes ces choses de l'amour
A présent que tout est fini, qu'elle ne reviendra jamais
Je cherche mon chemin au milieu de ce grand vide affectif.

samedi 23 octobre 2010

Conjuguer au passé : part 2 - The Fall


Il est si difficile d'extraire un visage de son cœur
Si douloureux de renoncer à ces rêves entrapperçus
Résister à l'appel du vide, quand il ne reste plus rien
Juste cette immonde indifférence qui me met en ruine

Ce combat intérieur qui m'anime, moi le soldat sans armure
Somnambule au bord des hautes et ténébreuses falaises de la folie
Je franchissais le précipice les yeux clos, le cœur aux abois
Plongeant les bras écartés dans cette vertigineuse chute

Non tu ne me verras pas tomber, tu ne m'entendra pas crier
Même si tout s'effondre en moi, si mon gouffre intime m'aspire
Je n'ai plus aucune larme pour toi, juste un dernier sourire
Malgré ces souvenirs qui encore me brûlent et m'anéantissent

Il est loin le temps où encore je restais là à t'attendre
Quand je comptabilisais chaque seconde perdue sans toi
Tous ces instants à présent inutiles où il ni avait que toi, que toi
Mais tout cela me semble si loin maintenant et si injuste aussi

Tu ne sauras jamais le mal que tu m'as fait, et que tu me feras
Tu ne soupçonneras jamais les tortures que j'endure en te croisant
Mon visage est mort à présent, figé sur le désespoir et cette idée
Cette envie que je ne peux m'accorder et qui enfin me libérerais

Non tu ne me verras pas tomber, tu ne m'entendra pas pleurer
Même si mon âme brûle dans les flammes de cet enfer amant
Je n'ai plus aucun rêve pour toi, juste ce rictus douloureux
Malgré ces souvenirs qui me hantent et infectent mes pensées

Je ne t'offrirait aucune raison de me regarder, ni de me plaindre
Juste cette envie oppressante de m'en aller, loin de toi, de moi
Comme une envie d'incision, de pendaison, pour ne plus souffrir
Mais loin de ton regard, de ta pitié qui me briserait un peu plus

Je n'aurais pas du t'aimer, mais voilà je suis faible face à ces choses là
Je ne voulais que t'offrir le meilleur, était-ce si difficile à accepter ?
Pourquoi avoir fait de moi cette marionnette aux fils si fragiles ?
Je ne suis plus qu'un vieux jouet de porcelaine rangé dans ton placard affectif.

Non tu ne me verras pas tomber, tu ne m'entendras pas te supplier
Même si en moi tout est détruit, si je ne suis plus qu'un infirme amant
Je n'ai plus aucune envie pour toi, juste que tu sortes de mon esprit malade
Malgré ces sensations qui déchirent mon cœur et me poussent à bout.

Non tu ne me verras pas tomber, tu ne m'entendra pas crier
Même si tout s'effondre en moi, si cette dernière chute m'est fatale.

jeudi 21 octobre 2010

Un simple sursis


Il y avait là quelque chose de si précieux mais terriblement dangereux, comme un souvenir qui ne voulait pas mourir dans l'oubli, un illusion encore si palpable que chaque seconde qui s'éteint en conserve les stigmates.
Ces chaires viciées dans mon cœur, dont l'infection enfièvre encore mon âme, qu'il faut découper, inciser en espérant ne pas trop saigner, ne plus laisser ces sanglots m'étouffer quand la solitude me berce au cœur de ma vie.

Comme une amitié trop vite déchirée, un amour sans le moindre partage qui trop violemment s'est consumé.
Juste cette idée de plomb qui moleste mes nuits et rend mes réveils improbables tant mes yeux engourdis semblent ne plus vouloir regarder.
Juste comme un éternel refrain lancinant et engourdissant occultant tout sur son passage, m'empêchant d'oublier, de partir vers d'autres rivages incertains, sous d'autres cieux lunaires.

Quand arrive l'aube, que reviennent ces sensations et que je croise ce regard où jamais plus je n'existerais, il y a là comme une douce injustice, comme un appel du vide qui me tend ses bras froids et décharnés.
Dans l'émotion de ces instants brefs et soudains où seul mon cœur semblait battre plus fort, comme un dernier soupir, un dernier chant avant sa mise à mort certaine, je suis seul face à l'immensité qui sépare cette fille amante dans mon souvenir, orphelin face à ce passé oppressant, à cette réalité indifférente et tranchante.

Il est si dur d'accepter ces intenables tortures acides, coulant dans mes veines, s'évadant de mon regard vide, cette condamnation éternelle et répétitive, sans que pourtant le moindre jugement ne soit prononcé.
Sentence aux tourments permanents dont je ne peux m'échapper, seulement diluer la douleur dans ces enivrants poisons alcoolisés jusqu'à ce que la première larme soit versée, la première question énoncée.

Je n'étais pas aussi fort que je le paraissais, je n'étais que cet enfant de Lune aux songes insensés, comme si l'amour pouvait m'être accordé, le temps d'une romance, le temps d'une belle espérance.
Je n'étais qu'un passager de la pluie, qu'un voyageur à quai dont ont oubliait trop facilement que je ne pouvais endurer seul les affres de la vie quand dans le regard de l'autre je n'existais plus.

Au matin naissant et salissant mon âme désespérée par cette solitude assassine, j'entends au loin le chant sanguinaire du prédateur qui semble déjà avoir retrouvé ma trace malgré ma lâcheté, ma sincérité et ma timidité refoulée.
Je sais que je lui appartiens et ce depuis le premier jour, depuis mon premier soupir, comme si mon sursis ne tenait qu'a un simple regard, qu'à un simple baiser, mortel, venimeux qui consume trop souvent mes songes et mes réveils solitaires...